| « Travailleurs du sexe » de JM Carré |
|
|
|
Le documentaire de Jean-Michel Carré sillonne la France depuis le 27 janvier 2010, avec son nouveau film dédié la prostitution comme un métier. Pour le Mouvement du Nid – France, ce documentaire est clairement une dangereuse promotion de la prostitution notamment pour les publics jeunes qui pourraient se laisser tenter par « l’aventure » : celle guidée par l’argent et une prétendue liberté omettant toute la réalité sordide que vivent la majorité des personnes prostituées.
Que nous donne à voir et à entendre ce documentaire ? « Travailleurs du sexe », c'est d'abord une logorrhée sexiste, qui assène les clichés les plus éculés : toutes les femmes sont des putes, seulement certaines, plus franches, se font payer « avant » ; mais elles sont aussi la mère mal-aimante, la femme castratrice, en dernière analyse les véritables responsables de la prostitution : un « client », c'est quelqu'un qui a été « castré grave par sa femme ». Enfin, si certaines s'alarment de la prostitution, c'est peut-être qu'elles ont « un problème dans leur sexualité » - retour de l'antique insulte : les féministes seraient avant tout « mal-baisées ». Bref : c'est la faute des femmes. Après les féministes, deuxième bête noire : les abolitionnistes. Le discours servi dans le documentaire et la communication qui l'entoure en font des terroristes exerçant une maltraitance psychologique. Les abolitionnistes réclameraient toujours plus de répression, ne considéreraient que les pauvres victimes, traiteraient les autres de « salopes ». « Travailleurs du sexe » ne se donne jamais la peine de fournir des preuves de ce qu'il avance, et pour cause : les abolitionnistes en réalité réclament la fin de toute répression à l'encontre des personnes prostituées, et sont les alliés de chacune d'entre elles, sans discrimination. Quels résultats vise « Travailleurs du sexe », en diffusant d'une part une idéologie sexiste réactionnaire, et d'autre part, en tâchant de saper un des meilleurs appuis des personnes prostituées, les abolitionnistes, qui forment le gros de leurs soutiens, depuis des décennies D'abord, calomnier. Il en restera toujours quelque chose. Ensuite, et surtout, conforter le système prostitutionnel, réaffirmer les « clients » prostitueurs dans leur bon droit, leur garantir l'accès à un « cheptel de femmes », et laisser les coudées franches aux proxénètes. La diffusion du documentaire de Jean-Michel Carré, « Les travailleurs du sexe » inaugure un bien triste tour de France, alors que la lutte contre les violences faites aux femmes, dont la prostitution, font l’objet de la Grande Cause Nationale pour 2010. À Lorient, Lyon, Paris et demain dans d'autres villes de France viennent pavaner sous un vernis « libertaire » les tenants d'un discours archaïque, qui puise au plus fort de l'inégalité et de la violence de la domination masculine. Le Mouvement du Nid - France ne restera pas inactif pour que de nombreuses voix s'élèvent pour rejeter le système prostitutionnel, violence à l'encontre des femmes, obstacle à l'égalité. Communiqué téléchargeable sur le site du Mouvement du Nid : |












